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Bonjour, je m’appelle Karine. Je viens d’avoir trente-six ans il y a quelques jours à peine, le trois janvier et j’écris ces lignes sans même savoir si j’irai jusqu’au bout de ce que je veux vous dire, si j’en aurai la force et surtout le courage. On me dit belle et intelligente même si j’ai du mal à le croire et je suis perçue par la plupart comme une personne forte, ambitieuse, serviable, sensible, sensée, qui aime la vie, allant de l’avant avec comme on dit la tête bien sur les épaules. Bref quelqu’un de bien équilibré. Pourtant mes proches, les êtres qui me connaissent vraiment au quotidien, ceux qui m’aiment et que j’aime le plus au monde connaissent de moi le coté sombre. Ils connaissent la femme triste et mélancolique qui s’efface tout d’un coup, s’isole, se coupe d’eux sans qu’il y ait de raison apparente. Ils connaissent le personnage monstrueux qui est en moi, débordant de souffrance et qui hurle comme un animal blessé à mort, les tripes à vif. Celle qui soudainement en l’espace d’une minute ne se contrôle plus, casse brise, détruit, est capable de dire les pires horreurs jusqu’à ce qu’elle s’épuise de sa rage folle. Jusqu’alors j’ai toujours réussi, avec bien du mal cependant, à contenir cette bête haineuse qui est en moi. Toutefois je suis de plus en plus lasse et épuisée de ces affrontements contre moi-même, mais je sais que je ne suis pas folle. Alors, j’ai décidé qu’au lieu d’enchaîner au fond d’un cachot le monstre qui m’habite, qui, quand il s’échappe fait année après année de plus en plus de dégâts ; oui au lieu de vouloir absolument le faire taire, j’allais l’écouter et essayer de le comprendre. Le déclic c’est fait lors de sa dernière évasion : J’ai chargé fébrilement un pistolet et l’ai dirigé vers mon mari en hurlant ‹‹Sort de ma vie, dégage, barre-toi ! ››
Comment ai-je pu en arriver là ? Pointer une arme sur l’un des êtres qui m’a le plus aimé au cours de mon existence. J’ai failli commettre l’irréparable. Dieu soit béni, ma main n’a pas appuyé sur la gâchette. Je n’en étais pas sauvée pour autant car un instant l’idée de retourner ce flingue contre moi m’a traversé l’esprit. Je me suis fait très peur et me suis empressée de vider le chargeur en tirant vers le ciel par la fenêtre ouverte de notre chambre à coucher. Quand il entendit la détonation, Bruno cria : ‹‹ Non, non, Karine ! ››. Conscient de mon mal, il avait pensé lui aussi, que j’avais mis fin à mes jours. Il s’est précipité vers la chambre. J’étais là, sans réaction, choquée et épuisée par ce tumulte d’émotions. Il me prit dans ses bras et me serra très fort. ‹‹Fait quelque chose, me dit-il, toi seule peut t’en sortir››. J’ai passé le reste de la journée à pleurer, à me demander jusque quand cet enfer allait durer, combien de temps encore je tiendrai ; à me dire qu’il aurait peut être mieux valu que je me supprime plutôt qu’à continuer de faire vivre cette vie épuisante à ma famille.




















De la boulimie à la dépression pour arriver au suicide il n’y a qu’un pas. Un pas que nous sommes trop nombreux à franchir à force de vivre dans la souffrance d’un manque incommensurable... Dans ce monde où nous ne sommes aujourd’hui invités qu’à être battants, à nous dépasser, j’ai préféré l’écoute de soi plutôt que la maîtrise de soi. Rattrapée par mon passé, j’ai donné la parole à la petite fille violentée que personne n’a voulu entendre. J’ai pris la peine de l’écouter, de l’accueillir, de la réhabiliter en moi. A travers cet ouvrage, vous découvrirez le parcours tumultueux d’une femme ordinaire, qui suite à un choc émotionnel, devra sortir du déni pour mieux reprendre les commandes de sa vie.
Le langage émotionnel du corps : L'approche somato-émotionnelle, chemin de libération

« Toi seule peut t’en sortir » m’avait-il dit. Il n’avait pas tort. J’ai entrepris d’écrire ce livre pour évacuer ma souffrance. Le résultat a été mieux que mes attentes, je l’ai comprise. A ceux qui se sentent impuissants face à la douleur psychologique ou le mal psychosomatique d’un de leur proche, à ceux qui se sentent incompris par des proches qui se veulent bienveillants, j’espère par ce site éclairer votre lanterne. Je ne prétends pas avoir de recette miracle de retour au bonheur et au calme de l’esprit mais il y eut un temps où j’ai pensé mourir, un temps où la souffrance que je ressentais dans mon être était telle que la mort me semblait une délivrance. Pourtant, j’ai pu sortir de cet état d’esprit en exprimant mon mal être par écrit, Mais tout le monde n’a pas la force ou l’envie de prendre la plume pour sortir du désespoir. Par contre chacun a une langue et des oreilles. Car au fond ce qui compte, pour celui qui souffre, c’est de pouvoir dire et que soit reconnu ce qui a été traumatisant pour lui. Mais le dire n’a de valeur que s’il est entendu. Négliger d’entendre la souffrance nous conduit à vivre avec, à rentrer dans le déni et à avoir une mauvaise image de soi-même. Il ne reste alors qu’un sentiment d’incompréhension réciproque entre l’être en souffrance qui culpabilise et son entourage qui se sent démuni. Pour éviter ce genre de situation qui peut conduire au pire, il faudra développer une écoute de soi afin de mieux comprendre ses ressentis. Un psychothérapeute peut vous y aider. Au cours de mon aventure littéraire, j’ai lu d’autres auteurs qui peuvent vous guider vers le mieux être. Je vous les recommande.
Ce livre est le témoignage poignant d’une maltraitance psychologique, retracée et décrite par l’auteur, de sa naissance au jour d’aujourd’hui.
karine Collet
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